LEXIQUE DU VOCABULAIRE DE LA SAINTETÉ
"A" comme Apôtre...
Tout au long de l’année 98/99, les pages de culture religieuse des sites "Pollen" et "Balises" vont vous faire découvrir de grandes figures chrétiennes de l’Europe ; beaucoup d’entre eux sont qualifiés de « Saints ». C’est pourquoi, chaque mois, nous nous arrêterons sur quelques mots qui appartiennent au vocabulaire de la Sainteté. En voici quelques uns, en lien avec St Paul,  Ste Blandine, St Patrick, St Benoît, Ste Brigitte
"A" comme Apôtre
Ce terme a pour étymologie un mot grec « apostellein » qui signifie envoyer.
Il peut être attribué à tous ceux qui annoncent le message de l’Evangile, mais, au sens strict, il désigne les 12 compagnons choisis par Jésus pour participer à sa mission « liste des 12 : cf Mc 3, 17 - 19 (*voir : comment décoder une référence biblique
Les Actes des Apôtres et les Lettres du Nouveau Testament donnent ce titre « d’apôtre » aux premiers prédicateurs ; et St Paul, est nommé l’apôtre des "Nations" car il s’adresse aux personnes d’origine non juive dans tout le bassin méditerranéen. 
Portrait de St Paul par El Greco, Musée de Tolède
"A" comme Auréole
Du latin « aureus » qui signifie doré. C’est dans l’art chrétien une façon courante de représenter les saints. Il s’agit d’un cercle doré ou de rayons lumineux entourant la tête d’un personnage. (Dieu le Père, Jésus ou les saints).

C’est une manière d’exprimer qu’ils vivent dans la gloire de Dieu.
"B" comme Bénédictin, Bénédictine
moine ou moniale qui vit dans un monastère observant La Règle rédigée pas St Benoit au 6 ème siècle. Suite à plusieurs réformes au cours des quinze siècles de vie bénédictine , certains moines qui suivent la Règle de St Benoit ne s'appellent pas des "bénédictins" mais des Cisterciens (cf St Bernard à Citeaux au 12 ème siècle) ou des Trappistes ( cf Abbé de Rancé, de l'abbaye de la Trappe en Normandie au 17 ème siècle)
"C" comme canonisation
C’est la procédure par laquelle l’Eglise inscrit une personne sur la liste officielle des Saints de l’Eglise et par laquelle son culte est autorisé (chez les catholiques). « Canon » est un terme ecclésiastique synonyme de règle, norme.
"C" comme cénobite
moine vivant en communauté avec d'autres moines "sous une règle et un "abbé".
St Benoit a considérablement favorisé la vie des moines cénobites par la rédaction de La Règle

 
"D" comme Damnation
Ce mot a la même racine que le mot condamnation ; mais ce dernier concerne un châtiment imposé par des hommes et subi pendant la vie terrestre alors que le premier est employé pour un châtiment infligé par Dieu et qui concerne la vie après la mort. Cette idée de jugement de Dieu s'appuie sur quelques textes des Evangiles mais le Moyen-Age l'a développée avec démesure et l'a traduit en images terrifiantes où les diables font subir les pires supplices à ces pauvres humains coupables de péchés. La damnation, c'est la privation définitive du salut.
Ste Brigitte de Suède fut marquée par ces représentations mais elle transcrit aussi dans ses "Révélations" un autre visage de Dieu.
Aujourd'hui, les Chrétiens sont plus attentifs aux nombreux textes évangéliques sur le pardon infini de Dieu et n'envisagent pas la damnation comme une punition de Dieu mais comme  un choix possible que Dieu laissera à ceux qui ne voudraient pas vivre en son Royaume éternel.
"E"  comme ecclésial, ecclésiastique :
ecclésial : adjectif, qui concerne l'Eglise (en grec, ecclesia), c'est à dire la communauté des chrétiens
ecclésiastique : même sens que le précédent et plus précisément, qui concerne le clergé, les clercs , les diacres, les prêtres, les évêques.

"E" comme épiscopal

adjectif, qui concerne l'évêque ; celui-ci est le responsable d'une Eglise locale appelée le diocèse.
En France, le diocèse est une circonscription équivalente à un département.
Exemple : le diocèse d'Angers correspond, (au plan ecclésial) au département du Maine et Loire (au plan civil).
St Patrick fut évêque d'Armagh en Irlande.

 
" E" comme Ermite
moine qui vit dans la solitude en lien plus ou moins étroit avec une communauté de moines. St Benoit vécut d'abord cette forme de vie monastique avant d'organiser la vie cénobitique.
"F" comme Foi
Le mot "foi" est issu d'un mot latin "fides" qui signifie confiance. Avoir la foi, être un "fidèle" c'est faire confiance à Dieu et tous les croyants du monde partagent cette attitude mais certains ont une confiance plus radicale ; on les appelle les "prophètes" juifs, les "saints" chrétiens, les "mahatma" (grande âme) hindous, ou les "awliya'" musulmans ; Ce sont des hommes qui se sont fiés à Dieu au point de décider de fonder leur vie totalement sur lui.
" H" comme Hagiographie
Étymologie grecque : « hagios » - saint, sacré ; « graphein » : écrire
C’est le récit de la vie d’un saint.
Au moyen Âge, ces récits mêlaient faits authentiques et éléments de merveilleux afin d’édifier le lecteur. (ex. La légende Dorée au 13è siècle).
Avec l’apparition de la « science » historique, ces récits sont réalisés selon les méthodes historiques.
"I" comme Icône, iconographique
du grec "eikon" qui signifie "image". En langage chrétien, une icône est une peinture religieuse exécutée sur un panneau de bois. Cet art vient de l'église d'orient (byzantine) 
 Iconographique : qui concerne les représentations figurées d'un sujet religieux ou non. 
 Exemple : les caractéristiques iconographiques de St Patrick évêque sont la mitre, la crosse, parfois un geste de guérison.
"J" comme Jubilé
Le mot "Jubilé" vient d'un mot hébreu "yobel" qui signifie la "corne", celle qui est utilisée pour annoncer solennellement la fête.
Dans la Bible, le "Jubilé" est une année de fête à intervalle réguliers : tous les 7 ans et tous les 50 ans pour les jubilés les plus solennels (après 7 fois 7 ans). L'année jubilaire, au nom même de la foi, a pour but de rétablir la justice sociale et de rappeler que les richesses de la création sont pour le bien et la vie de tous.
L'Eglise a repris cette tradition biblique à partir de 1300, aujourd'hui le Pape Jean-Paul II poursuit cette tradition. Le Jubilé 2000 sera célébré à Rome et dans le monde entier à partir de Noël 1999.
Ste Brigitte de Suède a participé au Jubilé de l'année 1350 en se rendant jusqu'à Rome en pèlerinage.
"L" comme Laïc
Quand ce mot est utilisé dans le contexte ecclésial, il désigne toute personne chrétienne qui n'est pas un ecclésiastique (prêtre, évêque, diacre) et souvent, dans l'interprétation courante, toute personne qui est pas religieux ou religieuse.
(Ce mot ne doit pas être confondu avec "laïque", utilisé beaucoup plus tard dans la société civile, pour désigner ce qui est indépendant de toute religion.)
Parmi les saints canonisés, beaucoup furent papes, évêques, prêtres, moines ou religieuses ; certains aussi sont des laïcs. Brigitte de Suède, fut une laïque canonisée ; il est vrai qu'elle fonda un ordre religieux, à la fin de sa vie, et mena une vie retirée mais elles ne fut pas religieuse elle-même ; elle fut épouse, mère au foyer puis intendante royale. Sa canonisation, au 14ème siècle, comme beaucoup de celles réalisées par le pape Jean-Paul II, de nos jours, manifeste que le chemin de la sainteté n'est pas réservé seulement à ceux qui renoncent à la vie familiale, sociale ou politique et que chaque croyant, dans la vie qu'il mène peut faire le choix de chercher Dieu et de vivre en communion avec lui.
" M " comme Martyr - Martyre - Martyrologe du grec «Martus, marturos» le témoin
"M" comme Moine, moniale et monastère.
Abbaye de Fontevrault
Ces termes viennent du mot grec "monos" qui signifie "seul". Dans les premiers siècles de l'Eglise, en effet, la forme la plus courante du monachisme était de se retirer loin du monde et de la vie habituels, dans la solitude pour se consacrer à la prière. Il était logique que ces personnes soient appelés des "moines" ,c'est-à-dire des solitaires.
Ensuite, la forme cénobitique de la vie monastique s'est développée davantage; et bien que ces personnes vivaient en communauté , ils ont gardé ce nom.

Aujourd'hui , un moine qui vit seul s'appelle un ermite. Une moniale est une femme qui a choisi la vie monastique.Un monastère est le lieu où vivent les moines ou moniales; on peut l'appeler aussi une "abbaye" (parce que le responsable est un "abbé" ou une "abbesse")  On trouve aussi le mot "prieuré" qui est un monastère fondé par une abbaye et qui en dépend .
"O" comme office
L'office divin, qu'il ne faut pas confondre avec la messe, est récité par les moines ou lu par les prêtres dans le bréviaire, qui en donne une version abrégé. Tout au long de la journée et de la nuit, la "liturgie des heures" reprend les prières quotidiennes du peuple juif. Après quelques modifications dans les horaires de cette liturgie, on distingue actuellement sept "heures" :
- matines ou vigiles, prière nocturne (c'est une grande "heure" avec la liturgie prolongée) ;
- laudes, prière du matin (grande "heure") ;
- tierce, vers 9 heures du matin ;
- sexte, vers midi ;
- none, vers 15 heures ;
- vêpres, en début de soirée (grande "heure") ;
- complies, le soir.
Lors de chacune de ces "heures", on récite les psaumes accompagnés de lectures et de prières. Le Moyen Age a laissé de superbes manuscrits de "livres d'heures".
Cf : Héritages de J.P. HAMMEL et M.LADRIERE
Ed Hatier


"O" comme ordination
Rite religieux par lequel un chrétien reçoit le sacrement de l'ordre. Ainsi,
  • s'il reçoit l'ordination diaconale , le chrétien devient diacre
  • s'il reçoit l'ordination sacerdotale, il devient prêtre
  • s'il reçoit l'ordination épiscopale il devient évêque.
  • St Patrick reçut l'ordination épiscopale en Irlande.

     

     

    "P" Comme Pères de l'Eglise.

    C'est ainsi que sont nommés des chrétiens connaissant bien la Bible et les disciplines intellectuelles de leur époque et qui, dans l'église naissante, ont eu à formuler et à préciser la doctrine chrétienne. Ils sont évêques.
     Leurs oeuvres sont nombreuses et l'ensemble de leurs textes constituent la "Patristique" : Parmi les plus célèbres, on peut citer :
    St Irénée de Lyon (135-202) ; il est contemporain de Ste Blandine ;
    St Jérôme (345-420) qui a traduit la Bible grecque en latin (La Vulgate), il réside longtemps à Bethleem ;
    St Augustin d'Hippone (354-430), il est contemporain de St Patrick.

     
    "R" comme Reliquaire et reliques.
    Boite ou autre contenant de forme variée (croix, buste, tête, bras, coffret... et même église entière) 
    souvent d'orfèvrerie qui a pour but d'abriter les "reliques" d'un saint. 
    illustration 
    Les reliques sont des restes (cf étymologie latine) d'un saint : les ossements ou une partie d'objet lui ayant appartenu. (exemple la cloche de St Patrick). Le culte des reliques est très ancien et a eu un grand développement dans les siècles passés car la relique symbolise pour le croyant la présence du Saint lui même. 
    A droite : Reliquaire de la cloche de St Patrick (vers 1100) - Musée nationale d'Irlande, Dublin
    "S" comme Saints
    « Tous les chrétiens ont la vocation de devenir saints. Pour y parvenir, il s’agit de vivre le plus possible en amitié avec Dieu, en accueillant l’Evangile. Il y a des saints de toutes sortes : des femmes, des hommes, des enfants, des jeunes, des vieux, des pauvres, des riches, des savants et des ignorants. Dans le calendrier, on trouve les noms de certains saints au jour anniversaire de leur mort. L’Eglise a reconnu officiellement leur sainteté : on dit qu’il ont été canonisés. Les autres -une foule immense- sont fêtés tous ensemble le jour de la Toussaint, le 1er novembre ». (Recueil Pierres Vivantes.)
    "V" comme Voeux
    Au sens courant , le voeu est un souhait ; au sens religieux, les voeux sont des paroles d'engagement prononcées en présence d'une communauté par une personne qui choisit de vivre (d'abord pour quelques années, puis pour la vie) selon la règle proposée par le fondateur d'une congrégation religieuse. Les trois voeux habituels sont ceux d'obéissance, de pauvreté et de chasteté. Certains ordres ajoutent le voeu de stabilité par lequel ils promettent de rester dans le même monastère, celui qu'ils ont choisi au départ.

     
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